Bloomsbury Corner

"building a home out of pixels, light, and imagination"

Étiquette : écrire

Procrastination

Toujours remettre au lendemain ce que l’on peut faire aujourd’hui….

Cela fait maintenant plus de 6 mois que ce blog a vu le jour. Mais les aléas, le travail, le manque de motivation aussi ont retardé la progression de celui-ci. Vous savez, lorsque vous avez enfin ce moment de libre que vous avez tant attendu, qu’il vous tend les bras et vous crie « réalises enfin tes projets que tu repousses depuis si longtemps! ». Cette voix change alors rapidement de ton, pour vous rappeler la somme incommensurable de choses que vous devez régler, faire : renvoyer les papiers à la sécu, écrire des lettres de motivation, faire le ménage, les courses, rappeler tatie, passer le permis, boucler l’administratif… bref. Toutes ces petites choses qui s’accumulent forcément dans une vie d’adulte, qui sont toujours là, vous trottent dans la tête en vous faisant culpabiliser d’oser faire autre chose que de régler tout ça. Finalement, la culpabilité prend toujours le dessus.. mais pas dans le sens où vous allez enfin cocher toutes les cases de la to do list. Non! Votre âme de grand flemmard adolescent reprend toujours le dessus, et c’est non pas dans la productivité, mais bien dans l’inactivité la plus totale que vous sombrez…

Bien sûr, vous connaissez certainement ce phénomène, bon nombre de spécialistes ont écrit sur la question. D’ailleurs, la blogueuse Eléonore Bridge a écrit un excellent article sur le sujet, et vous livre quelques solutions pour remédier à cette flemmingite aiguë.

Alors oui, je fais partie de ces nombreuses personnes qui ont besoin d’une « carotte », ou plutôt d’un couteau sous la gorge (comprenez deadline) pour pouvoir être réellement productif. C’est un enfer, surtout lorsque le projet que vous bâtissez depuis des mois dans votre esprit n’arrive pas à voir le jour. Car ce n’est pas le manque de temps, il ne faut jamais se leurrer là dessus, mais bel et bien l’absence de cette chiquenaude sur l’épaule, qui vous fait vous mettre au travail.

Pourquoi partagez cela avec vous ? Car ce me semble être le premier pas vers la « guérison », accepter de reconnaître ce qui ne va pas, pour pouvoir avancer. L’une des solution que préconise Eléonore, est de s’instaurer une routine. (Oui, apparemment la routine a du bon, moi qui y suis allergique, je me demande si cela peut vraiment marcher). J’ai la chance d’avoir quelques mois de libre devant moi, c’est donc le moment ou jamais de me lancer. Mettre un réveil le matin, organiser sa journée en rédigeant un programme, et y inclure les moments de pause. Sortir de chez soi aussi. A la maison, les tentations sont trop nombreuses, à commencer par celle de ne rien faire. Trouver un endroit propice au travail (café, bibliothèque, parc..)

L’une des autres raisons de mon manque de motivation est peut être le manque de soutien et d’encouragement autour de moi. J’ai heureusement quelques personnes dans mon entourage tellement bienveillantes et inspirantes qui me poussent toujours à regarder droit devant moi, sans me soucier des autres, ce que je fais encore trop souvent. Car si je regarde un peu en arrière, c’est dans le secret le plus total (car dans la crainte du regard des autres) que j’ai construit mon premier blog. J’étais seule, et c’est souvent lorsqu’on est seul que l’on se rend compte qu’il ne faut compter que sur soi-même (aide toi, le ciel d’aidera… comme dit l’adage).

Enfin, il y a cette peur… la peur de l’échec. C’est je crois, finalement l’une des clés de ce problème de procrastination. (C’est pourtant l’échec qui nous construit). Dans une société où l’on nous martèle sans cesse qu’il faut être le meilleur, partout, tout le temps, à l’école, au travail, en sport, ce culte de la performance nous fait oublier l’essentiel. Être heureux. Pourtant, en écrivant ces quelques lignes, qui n’apportent absolument rien à mon projet, au contenu « de qualité » que je souhaite pour ce blog, j’ai finalement renoué avec que j’aime le plus faire, écrire tout simplement…

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Commencer.

Commencer. Ou plutôt.. recommencer. Après tout, la vie est un éternel flot de commencements et de recommencements. Si je devais me souvenir de ma première tentative de blog, celle-ci remonterait à l’époque du collège où je m’essayais pour la première fois à l’art de la plume virtuelle sur une plateforme nommée skyblog. Comment vous décrire l’émotion que me procura la découverte de cette nouvelle forme d’expression, ce goût de liberté à un âge où l’on ne saisit même pas la teneur du mot… Mais cette découverte fut celle aussi des dangers du monde virtuel, un univers sans filtre où il est possible de trouver n’importe qui et n’importe quoi, de contacter des personnes anonymement ou se faire passer pour quelqu’un d’autre. La découverte du harcèlement aussi. Bref, lorsque je regarde en arrière, le souvenir de mes premiers pas en tant que blogueuse ne m’est pas réellement agréable.  Et si d’aventure, j’allais y jeter un coup d’œil, dans un moment de nostalgie, je tomberais alors sur une quantité impardonnable de fautes d’orthographe et de syntaxe, additionnée d’un contenu dont l’intérêt serait plutôt relatif et ne ferais que ruminer sur l’adolescente que j’étais.

Faisons un saut dans le temps… à 18 ans, fraichement arrivée à Toulouse pour mes études, je savoure mes premiers instants de véritable liberté en tant que jeune adulte (que je n’étais pas encore en réalité) dans la ville rose, cette nouveauté dans ma vie a été un vrai bouleversement, positif, qui m’a aidée à sortir des angoisses de l’adolescence. Je me retrouve dans une nouvelle étape de ma vie. L’orientation. Ce grand point d’interrogation qui me poursuivra toutes ces années d’études servant à guider ma réflexion sur mon avenir. Je décide à ce moment là de créer mon premier vrai blog. Ayant la volonté de partager avec cette multitude d’inconnus sur la toile ma passion et mes découvertes de la ville rose.

Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, mon intérêt, ma passion pour le blog s’est éteinte peu à peu. J’adorais et j’adore toujours écrire, mais cela était devenu pour moi une contrainte qui ne faisait qu’ajouter un stress supplémentaire à celui de mes études et de mon orientation. J’avais l’impression que mon blog était devenu pour les marques et les créateurs une vitrine commerciale, dans laquelle je ne me reconnaissais plus. La tentation de l’argent facile et nécessaire lorsqu’on démarre sa vie d’adulte, avait pris le pas sur les articles sincères et désirés. Je n’aimais plus ça. D’ailleurs cette expérience qui m’avait fait rencontré tant de personnes, avait fait bondir d’un seul coup ma vie sociale, me retrouvant avec un nombre d' »amis » facebook hallucinant, m’avait aussi paradoxalement fait découvrir une facette de la nature humaine que je ne connaissais pas jusqu’alors, et qui, je l’ai appris plus tard, se retrouve inéluctablement dès l’arrivée dans le monde du travail. Quel plaisir de retrouver le goût de l’écriture en rédigeant ces lignes, et de sentir les idées fuser tour à tour. C’est précisément cette liberté là qui me manquait au terme de ce blog toulousain. La vie étant faite de changements et bouleversements, la même raison qui m’avait poussée à partir pour Toulouse, fut aussi celle qui me poussa à la quitter. C’est le cœur gros que je laissais donc cette ville et en même temps mon blog, dont le nom éponyme m’empêchait de l’emporter à Paris. Ma ville, où j’ai forgé mes plus beaux souvenirs, où j’ai eu la chance de rencontrer des personnes extraordinaires, et qui a fait de moi celle que je suis aujourd’hui, complètement différente de l’adolescente pleine d’angoisses qui y était arrivée quatre ans plus tôt.

Les années ont passé, (pas tant à dire vrai), je vis désormais à Paris, la ville que j’exécrais auparavant, mais dans laquelle je commence, (ou recommence) à prendre mes marques et à me sentir à l’aise. Nous nous apprivoisons, doucement, elle et moi, et je dois dire qu’aujourd’hui elle fait à nouveau battre mon cœur.

Recommencer. Suis-je bien sûre ? Le temps, l’envie… voilà deux paramètres indispensables pour rédiger un blog. Oui. J’en ai besoin, pour moi avant tout, plus que pour les autres. Le besoin d’écrire, mais aussi et surtout de partager les belles choses, celles qui me font palpiter. Un bouquin, une pièce, un film. Une recette, une atmosphère, une jolie table. Un engagement ? Cet énième blog ne peut avoir de thème, de spécificité à proprement parler, car sa spécificité ce sera précisément, ma subjectivité. Alors au risque de tomber dans le cliché du langage internet, ce blog ne peut être autre chose que lifestyle, ou art de vivre pour les francophones forcenés. C’est dur, ça l’est toujours, mais j’en ai besoin. On verra bien. Mais déjà quel bien fou me fait d’écrire ces quelques lignes !

La vie est un théâtre, une mise en scène. Rendons la représentation aussi réussie que possible !

Claire

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