Bloomsbury Corner

"building a home out of pixels, light, and imagination"

Étiquette : bonheur

Book club #2: Les Gens heureux lisent et boivent du café

Parce que chaque livre a son histoire, j’aimerais vous raconter celle de mon exemplaire. Certes, mon livre a moins vécu qu’un livre d’occasion, que j’aurais pu chiner au détour de quelque coin de Paris. Je suis la première main (ou presque) qu’il a vu passer. Mais acquérir un livre neuf, c’est aussi la promesse d’un commencement. Son odeur particulière, celle de l’encre et du papier frais, ses angles  parfaitement acérés, prêts à être cornés, malmenés par l’impatience de la lecture. Puis vient le moment de la transmission. Les pages jaunissent avec le temps, on y retrouve les différents gribouillages ou notes des précédents propriétaires, et le livre devient palimpseste. Il vit, et opère aussi bien des changements physiques, que dans le cœur de ses lecteurs. C’est un passeur de sens, de rêve, d’opinion, un objet de transmission.

  Mon exemplaire du roman Les gens heureux lisent et boivent du café m’a justement été transmis, par une parfaite inconnue. Pascale. M’étant inscrite récemment à un de ces clubs de lecture virtuels qui fleurissent sur le web, j’ai décidé de tenter l’expérience du « swap » de lecture (en anglais « troc », « échange ») qui consiste à envoyer par colis, un choix de lectures qui vous est personnel, à un ou une parfait(e) inconnu(e), quelque part en France ou à l’étranger. En échange, vous recevrez la sélection que votre destinataire aura concocté pour vous.

J’ai donc eu le plaisir de recevoir au mois de décembre, un paquet de la part de cette étrangère avec qui je n’ai eu que quelques échanges via les réseaux sociaux. Il contenait trois livres et quelques attentions… dont celui-ci. Une première transmission.. Peut-être celle d’une longue série. Sur chaque roman, un petit post-it m’expliquant son choix. Première marque, inscription inaugurale de la vie de l’ouvrage. En voici la teneur pour celui des gens..:

IMG_0990

Tout d’abord ce titre: Les Gens heureux lisent et boivent du café; c’est la promesse d’un livre sur le bonheur avec une leçon de vie à la clé. Je fonctionne beaucoup au coup de cœur, et cela peut paraître bateau, mais dans le processus de choisir ma prochaine lecture, j’ai besoin de faire appel à mes sens, en repérant une jolie couverture, un titre plein de promesses… (C’est d’ailleurs la stratégie commerciale de toutes les maisons d’édition). Ce titre m’a donc attirée, me trouvant dans une période un peu morose au moment de ma lecture. Mais quelle ne fut pas ma surprise en démarrant ce livre ! Celui-ci s’ouvre en effet sur une tragédie à vous tirer les larmes dès les premières lignes. Boum, vous voilà mis au parfum. En même temps, ce simple dialogue liminaire, d’un moment de vie capturé, est d’une poésie sans pareille. Pas de chance, ce livre n’est pas une ode au bonheur, mais un livre sur le deuil. Il vous rappellera d’ailleurs sûrement le film PS: I Love you, dont l’histoire relate également le deuil de l’être aimé, et le réapprentissage de l’amour, tout en se situant également en Irlande…! Beaucoup de coïncidences dont on peut rapidement faire abstraction, en se laissant porter par l’autre thème de ce court livre, qui est celui de la solitude. Le deuil et sa solitude, pas de quoi attirer les foules me direz vous, surtout les soirs de déprime.

Pourtant.

Pourtant la lecture de ce roman a été pour moi comme la dégustation d’un sorbet au citron aux prémices de l’été ; courte mais pleine de délices. Je n’ai pas pu lâcher une seule seconde ce livre. Après tout, le deuil est une étape essentielle de la vie par laquelle nous passons tous, et qui nous ramène à notre condition. Cela semble être le processus le plus difficile de l’existence, et en même temps celui qui nous fait grandir, nous rappelle les choses essentielles de la vie, et paradoxalement, nous apprend à vraiment être heureux.

 Les Gens1

Je ne vais pas vous faire le synopsis de ce roman déjà bien court, mais pour vous donner l’eau à la bouche, imaginez un café littéraire, justement nommé « Les gens heureux lisent et boivent du café », en plein marais parisien, où les gens pourraient venir et siroter un mug brûlant tout en découvrant les nouveautés littéraires, et en entamer leur lecture. Imaginez ensuite un coin perdu de l’Irlande, une plage désertique abondante de beauté, et un pub local où les gens vous disent « love » et « cheers » tout en vous serrant dans leurs bras..

Au fond ce n’est pas tant le thème du roman qui fait écho à ce titre non-programmatique, mais bel et bien ces instants de vie ou objets du quotidiens qui vous donnent du baume au cœur et vous apprennent à saisir les petites choses de l’existence qui contribuent au bonheur…

Commencer.

Commencer. Ou plutôt.. recommencer. Après tout, la vie est un éternel flot de commencements et de recommencements. Si je devais me souvenir de ma première tentative de blog, celle-ci remonterait à l’époque du collège où je m’essayais pour la première fois à l’art de la plume virtuelle sur une plateforme nommée skyblog. Comment vous décrire l’émotion que me procura la découverte de cette nouvelle forme d’expression, ce goût de liberté à un âge où l’on ne saisit même pas la teneur du mot… Mais cette découverte fut celle aussi des dangers du monde virtuel, un univers sans filtre où il est possible de trouver n’importe qui et n’importe quoi, de contacter des personnes anonymement ou se faire passer pour quelqu’un d’autre. La découverte du harcèlement aussi. Bref, lorsque je regarde en arrière, le souvenir de mes premiers pas en tant que blogueuse ne m’est pas réellement agréable.  Et si d’aventure, j’allais y jeter un coup d’œil, dans un moment de nostalgie, je tomberais alors sur une quantité impardonnable de fautes d’orthographe et de syntaxe, additionnée d’un contenu dont l’intérêt serait plutôt relatif et ne ferais que ruminer sur l’adolescente que j’étais.

Faisons un saut dans le temps… à 18 ans, fraichement arrivée à Toulouse pour mes études, je savoure mes premiers instants de véritable liberté en tant que jeune adulte (que je n’étais pas encore en réalité) dans la ville rose, cette nouveauté dans ma vie a été un vrai bouleversement, positif, qui m’a aidée à sortir des angoisses de l’adolescence. Je me retrouve dans une nouvelle étape de ma vie. L’orientation. Ce grand point d’interrogation qui me poursuivra toutes ces années d’études servant à guider ma réflexion sur mon avenir. Je décide à ce moment là de créer mon premier vrai blog. Ayant la volonté de partager avec cette multitude d’inconnus sur la toile ma passion et mes découvertes de la ville rose.

Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, mon intérêt, ma passion pour le blog s’est éteinte peu à peu. J’adorais et j’adore toujours écrire, mais cela était devenu pour moi une contrainte qui ne faisait qu’ajouter un stress supplémentaire à celui de mes études et de mon orientation. J’avais l’impression que mon blog était devenu pour les marques et les créateurs une vitrine commerciale, dans laquelle je ne me reconnaissais plus. La tentation de l’argent facile et nécessaire lorsqu’on démarre sa vie d’adulte, avait pris le pas sur les articles sincères et désirés. Je n’aimais plus ça. D’ailleurs cette expérience qui m’avait fait rencontré tant de personnes, avait fait bondir d’un seul coup ma vie sociale, me retrouvant avec un nombre d' »amis » facebook hallucinant, m’avait aussi paradoxalement fait découvrir une facette de la nature humaine que je ne connaissais pas jusqu’alors, et qui, je l’ai appris plus tard, se retrouve inéluctablement dès l’arrivée dans le monde du travail. Quel plaisir de retrouver le goût de l’écriture en rédigeant ces lignes, et de sentir les idées fuser tour à tour. C’est précisément cette liberté là qui me manquait au terme de ce blog toulousain. La vie étant faite de changements et bouleversements, la même raison qui m’avait poussée à partir pour Toulouse, fut aussi celle qui me poussa à la quitter. C’est le cœur gros que je laissais donc cette ville et en même temps mon blog, dont le nom éponyme m’empêchait de l’emporter à Paris. Ma ville, où j’ai forgé mes plus beaux souvenirs, où j’ai eu la chance de rencontrer des personnes extraordinaires, et qui a fait de moi celle que je suis aujourd’hui, complètement différente de l’adolescente pleine d’angoisses qui y était arrivée quatre ans plus tôt.

Les années ont passé, (pas tant à dire vrai), je vis désormais à Paris, la ville que j’exécrais auparavant, mais dans laquelle je commence, (ou recommence) à prendre mes marques et à me sentir à l’aise. Nous nous apprivoisons, doucement, elle et moi, et je dois dire qu’aujourd’hui elle fait à nouveau battre mon cœur.

Recommencer. Suis-je bien sûre ? Le temps, l’envie… voilà deux paramètres indispensables pour rédiger un blog. Oui. J’en ai besoin, pour moi avant tout, plus que pour les autres. Le besoin d’écrire, mais aussi et surtout de partager les belles choses, celles qui me font palpiter. Un bouquin, une pièce, un film. Une recette, une atmosphère, une jolie table. Un engagement ? Cet énième blog ne peut avoir de thème, de spécificité à proprement parler, car sa spécificité ce sera précisément, ma subjectivité. Alors au risque de tomber dans le cliché du langage internet, ce blog ne peut être autre chose que lifestyle, ou art de vivre pour les francophones forcenés. C’est dur, ça l’est toujours, mais j’en ai besoin. On verra bien. Mais déjà quel bien fou me fait d’écrire ces quelques lignes !

La vie est un théâtre, une mise en scène. Rendons la représentation aussi réussie que possible !

Claire

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén