Commencer. Ou plutôt.. recommencer. Après tout, la vie est un éternel flot de commencements et de recommencements. Si je devais me souvenir de ma première tentative de blog, celle-ci remonterait à l’époque du collège où je m’essayais pour la première fois à l’art de la plume virtuelle sur une plateforme nommée skyblog. Comment vous décrire l’émotion que me procura la découverte de cette nouvelle forme d’expression, ce goût de liberté à un âge où l’on ne saisit même pas la teneur du mot… Mais cette découverte fut celle aussi des dangers du monde virtuel, un univers sans filtre où il est possible de trouver n’importe qui et n’importe quoi, de contacter des personnes anonymement ou se faire passer pour quelqu’un d’autre. La découverte du harcèlement aussi. Bref, lorsque je regarde en arrière, le souvenir de mes premiers pas en tant que blogueuse ne m’est pas réellement agréable.  Et si d’aventure, j’allais y jeter un coup d’œil, dans un moment de nostalgie, je tomberais alors sur une quantité impardonnable de fautes d’orthographe et de syntaxe, additionnée d’un contenu dont l’intérêt serait plutôt relatif et ne ferais que ruminer sur l’adolescente que j’étais.

Faisons un saut dans le temps… à 18 ans, fraichement arrivée à Toulouse pour mes études, je savoure mes premiers instants de véritable liberté en tant que jeune adulte (que je n’étais pas encore en réalité) dans la ville rose, cette nouveauté dans ma vie a été un vrai bouleversement, positif, qui m’a aidée à sortir des angoisses de l’adolescence. Je me retrouve dans une nouvelle étape de ma vie. L’orientation. Ce grand point d’interrogation qui me poursuivra toutes ces années d’études servant à guider ma réflexion sur mon avenir. Je décide à ce moment là de créer mon premier vrai blog. Ayant la volonté de partager avec cette multitude d’inconnus sur la toile ma passion et mes découvertes de la ville rose.

Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, mon intérêt, ma passion pour le blog s’est éteinte peu à peu. J’adorais et j’adore toujours écrire, mais cela était devenu pour moi une contrainte qui ne faisait qu’ajouter un stress supplémentaire à celui de mes études et de mon orientation. J’avais l’impression que mon blog était devenu pour les marques et les créateurs une vitrine commerciale, dans laquelle je ne me reconnaissais plus. La tentation de l’argent facile et nécessaire lorsqu’on démarre sa vie d’adulte, avait pris le pas sur les articles sincères et désirés. Je n’aimais plus ça. D’ailleurs cette expérience qui m’avait fait rencontré tant de personnes, avait fait bondir d’un seul coup ma vie sociale, me retrouvant avec un nombre d' »amis » facebook hallucinant, m’avait aussi paradoxalement fait découvrir une facette de la nature humaine que je ne connaissais pas jusqu’alors, et qui, je l’ai appris plus tard, se retrouve inéluctablement dès l’arrivée dans le monde du travail. Quel plaisir de retrouver le goût de l’écriture en rédigeant ces lignes, et de sentir les idées fuser tour à tour. C’est précisément cette liberté là qui me manquait au terme de ce blog toulousain. La vie étant faite de changements et bouleversements, la même raison qui m’avait poussée à partir pour Toulouse, fut aussi celle qui me poussa à la quitter. C’est le cœur gros que je laissais donc cette ville et en même temps mon blog, dont le nom éponyme m’empêchait de l’emporter à Paris. Ma ville, où j’ai forgé mes plus beaux souvenirs, où j’ai eu la chance de rencontrer des personnes extraordinaires, et qui a fait de moi celle que je suis aujourd’hui, complètement différente de l’adolescente pleine d’angoisses qui y était arrivée quatre ans plus tôt.

Les années ont passé, (pas tant à dire vrai), je vis désormais à Paris, la ville que j’exécrais auparavant, mais dans laquelle je commence, (ou recommence) à prendre mes marques et à me sentir à l’aise. Nous nous apprivoisons, doucement, elle et moi, et je dois dire qu’aujourd’hui elle fait à nouveau battre mon cœur.

Recommencer. Suis-je bien sûre ? Le temps, l’envie… voilà deux paramètres indispensables pour rédiger un blog. Oui. J’en ai besoin, pour moi avant tout, plus que pour les autres. Le besoin d’écrire, mais aussi et surtout de partager les belles choses, celles qui me font palpiter. Un bouquin, une pièce, un film. Une recette, une atmosphère, une jolie table. Un engagement ? Cet énième blog ne peut avoir de thème, de spécificité à proprement parler, car sa spécificité ce sera précisément, ma subjectivité. Alors au risque de tomber dans le cliché du langage internet, ce blog ne peut être autre chose que lifestyle, ou art de vivre pour les francophones forcenés. C’est dur, ça l’est toujours, mais j’en ai besoin. On verra bien. Mais déjà quel bien fou me fait d’écrire ces quelques lignes !

La vie est un théâtre, une mise en scène. Rendons la représentation aussi réussie que possible !

Claire