Bloomsbury Corner

"building a home out of pixels, light, and imagination"

To be or not to be Vegan ?

Une recette se trouve à la fin de cet article…

J’ai toujours eu quelques appréhensions en entendant ce mot « vegan ». C’est un sentiment plutôt partagé que j’éprouve quant à ce mode de vie. D’un côté, il est synonyme de tendance, food fashion, healthy, hashtag sur intagram, mais il est aussi à mon sens connoté vers quelque chose d’un peu extrême, voire sectaire. Le régime vegan ou végétalien c’est la suppression totale de viande, certes, mais aussi de tout autre produit animal dans l’alimentation ou vêtements. Loin de moi l’idée de vouloir rentrer dans le débat vegan (bien que je pourrais vous conter l’expérience quelque peu traumatisante de ma première venue au Burger King il y a quelques semaines, lorsque une horde de manifestants pro vegan ont investi le fast food en hurlant « meurtrier », de quoi vous couper l’appétit…!) J’ai de toute façon du mal avec ce qui est un peu trop extrême, ce qui implique des privations totales. Néanmoins, je respecte le choix de chacun, mes retenues ne me sont que personnelles. D’ailleurs, on peut dire que j’adopte un régime alimentaire plus ou moins végétarien, ou plutôt « flexitarien », pour la souplesse de la chose. Mes convictions politiques et environnementales n’y prennent que peu de place, même si je trouve cela confortant de savoir que manger moins de viande régule en quelque sorte le système agro-alimentaire, dont les failles ne sont plus à rappeler (surproduction, élevage et abattage inhumain, surconsommation d’eau) sans parler de ce que la surconsommation de viande implique pour la santé. Mais non, les oeufs, le lait et surtout le fromage, je ne peux décidément pas  me résoudre à les abandonner.. Il me semble qu’il y a aujourd’hui, grâce à l’existence de certains labels, la possibilité de sélectionner ses produits d’origine animale, en s’assurant du respect dans le processus de production.

Bref, pour moi le souci n’est pas de manger de la viande, mais c’est bel et bien le système d’élevage et de production qui pose problème. Finalement, c’est aussi et surtout par goût que j’ai réduit ma consommation de viande. Alors oui, parfois j’aime aller dans des restaurants veggie ou vegan, ou même dénicher des recettes car c’est une cuisine que j’apprécie, même si je ne peux pour le moment me résoudre à en faire un régime exclusif. … J’aimerais donc partager avec vous aujourd’hui une recette vegan que j’ai testé à plusieurs reprises et que j’adore, car elle reprend un classique du baking nord américain, tout en le transformant radicalement pour proposer un goût et une texture bien différents de l’originale mais tellement délicieuse ! C’est une version sans farine, sans oeuf et sans levure, un peu plus healthy donc. A tester d’urgence !

Pour cette recette de pancakes vegan cannelle banane tirée du blog beetrootandbuttermilk, vous aurez besoin de:

-2 bananes

-2 cups* de flocons d’avoine

-2 cups de lait d’amande

-1 cuillère à café de cannelle (selon votre goût)

*Les mesures de cups sont beaucoup utilisées dans les recettes anglo-saxones, ainsi que les mesures en spoon. 1 cup = 240 ml environ.

(En topping, je vous conseille un soupçon de sirop d’agave ou miel avec quelques baies, framboises ou myrtilles, un délice !)

A glimpse of Cambridge

Les fleurs, les cafés, les étudiants… Ces vélos colorés qui jonchent les rues par centaines, tel un petit Amsterdam. L’architecture des colleges ayant conservé le charme suranné des bâtisses Renaissance.

La visite de Cambridge se savoure. Il faut prendre son temps.

Louer un vélo ou apprécier la lenteur de la balade en punt sur la River Cam (qui a d’ailleurs donné son nom à la ville de Cambridge).

Si le temps sait être capricieux dans cette ville du nord de l’Angleterre, la pluie confère néanmoins à la cité universitaire un charme absolu, nous projetant dans le plus romanesque des lieux. Cambridge, c’est en effet l’endroit du rêve, du roman.. du conte même. A se promener entre les différents colleges, on se croirait dans l’un des romans de Conan Doyle, à suivre Sherlock Holmes au détour de quelque rue d’architecture gothique, ou à découvrir quelque mystère enfoui depuis des siècles.

Quant aux habitants de Cambridge, leur hospitalité est égale à celle, légendaire, du peuple anglais. Toujours à se plier en quatre dans l’espoir de vous rendre service, de vous aider, à vous appeler love, ou dear. Sans parler de leur politesse, poussée à l’extrême. Les british people sont amoureux de leur pays, et cette passion est contagieuse. Quel bonheur de passer un séjour là-bas!

Cambridge et son histoire:

Fondée en 1209 par des étudiants qui fuyaient les violences d’Oxford, l’université de Cambridge,  comme celle d’Oxford sa rivale, devient rapidement l’emblème du système universitaire élitiste anglais.

La rivière, the Cam, donne son nom à la ville de Cambridge. (Comprenez littéralement, le « pont sur la Cam »).

De grands noms, tels que Lord Byron ou encore John Milton y ont fait leurs études. Au XIXe siècle, les études supérieures étaient réservées à la gent masculine, et seuls les jeunes gens d’une classe sociale élevée et aisée allait dans l’une des deux grandes universités (Cambridge ou Oxford). L’ambiance y était érudite, certes, mais très festive malgré tout. Pour l’anecdote, on raconte que, les animaux domestiques étant interdits dans les dortoirs des étudiants, un petit futé nommé Lord Byron aurait amené dans l’enceinte du college un véritable ours brun, prétextant que celui-ci n’étant pas un animal domestique, il n’enfreindrait donc pas le règlement intérieur.

Les premiers colleges pour femmes apparaissent en 1869. Sur trente et un colleges, seuls trois sont réservés aux femmes. C’est seulement en 1947 que les femmes deviennent considérées comme des membres à part entière de l’université.

Aujourd’hui, Cambridge possède encore une renommée mondiale dans le domaine universitaire, et son intégration est encore très difficile (et coûteuse !). Seuls les meilleurs élèves y sont recrutés.

Pour la petite histoire, le Prince de Galles, Charles de Windsor, ayant eu des résultats trop mauvais, celui-ci se vit refuser l’admission à Cambridge. C’était sans compter la grande influence de sa mère, la chère Elizabeth II Queen of England, qui par une simple lettre de recommandation, permis à son fils aîné d’intégrer la célèbre université. Le jour de la rentrée, le cancre arrive, en toute discrétion, en hélicoptère sur l’une des pelouses centrales d’un des colleges. Morale de l’histoire: Merci maman ! Et le piston…


Une journée à Cambridge:

8h05: Un petit déjeuner au Senate, à la décoration bleue très arty, où vous pourrez déguster d’excellents pancakes.

10h22: La balade en punt sur la River Cam, qui vous fera découvrir l’histoire des colleges de la ville, contée par un charmant étudiant anglais, coiffé d’un canotier.

12h04: Shoppez à la librairie Waterstones, une véritable institution à Cambridge, pleine de livres en tout genre, et de goodies littéraires et de papeterie. Le plus, un salon de thé se trouve à l’étage (le repère des étudiants). (Même si la librairie Blackwell’s d’Oxford est mon goût indétrônable)-

13h02:Visite des colleges de la ville (Christ’s, King, Magdalene…), à faire absolument. 

16h38: Un goûter à Fitzbillies, la pâtisserie légendaire de Cambridge. Goûtez y le carrot cake, ou les Chelsea Buns.

17h32: Faites un tour au Fitzwilliam Museum !

19h50: Dînez au pub traditionnel  The Free Press situé dans les backstreets de Cambridge. Celui-ci abritait à l’origine une presse qui servait à imprimer des journaux. (Oui, attention aux horaires des restaurants, les anglais dinent très tôt, et passé 21h, il n’est souvent plus possible de commander). Dégustez-y les scotch eggs (oeufs entourés de panure), la spécialité de l’établissement !

21h43: Dansez sur le rooftop du restaurant Revolution (quand le temps le permet). L’ambiance y est électrique et les cocktails délicieux.

Back to school

Cette année, j’ai entrepris quelque chose que jamais je n’aurais imaginé faire, ou refaire plutôt. Quelque chose d’un peu fou… et  en même temps de tellement sécurisant.

J’ai fait ma rentrée en faculté d’anglais.

Ayant validé mon Master de Lettres en 2016, je pensais en avoir terminé avec les études. Je suis donc entrée dans le monde du travail en tant qu’enseignante de français dans le secondaire. Entrer dans la vie active, gagner enfin ma vie, voilà tout ce à quoi j’aspirais. Mais cette image du bonheur trouvé dans l’indépendance, s’est rapidement transformée en un vaste gouffre, une forme de rouage qui tournerait sans fin, continuellement dans ce même mouvement inlassable, jusqu’à se rompre à force d’usure.

Oui, j’ai eu peur.

J’ai eu peur de la routine, du quotidien, de l’engagement aussi. Car si le métier de professeur permet une forme de liberté que l’on retrouve dans peu de métiers, cette profession a aussi ses contraintes. Enseigner m’a donné le goût de la transmission, celle du savoir mais aussi parfois des leçons de vie.  La jouissance de voir se former l’esprit critique de jeunes êtres et d’y participer activement, m’a ouverte a tant de choses… Enseigner, c’est drôle, c’est  comme retrouver la vue. Comprendre des choses qui vous avaient totalement échappées auparavant et les envisager avec un nouveau regard. Mais cette lucidité commence par la contemplation de son propre manque de savoir. Comment puis-je transmettre alors que je ne sais rien tout ? 

Ces considérations sur l’enseignement pourraient s’étendre éternellement. Pourquoi pas en faire l’objet d’un article à part entière ? Cependant j’occulte ici les autres raisons qui m’ont poussées à remettre en question mon futur dans l’enseignement, celles-ci résidant essentiellement dans tout les à-côtés  de ce métier.

J’ai donc eu ce désir brûlant, me projetant peut-être à travers mes élèves, de combler mon propre manque de savoir (peut on réellement jamais le combler ?), en reprenant mes études. Pour moi les études anglophones étaient une évidence, ayant depuis longtemps une passion pour la littérature anglaise, les films et la culture britannique* (voir mon article sur mon road trip anglais). C’était aussi pour moi l’occasion de parfaire (améliorer) mon anglais, tout en en apprenant sur la civilisation et la littérature anglophone.

Cette décision, majoritairement désapprouvée par mon entourage a été difficile à prendre, mais je pense que c’est la bonne. Evidemment, une foule de questionnements me viennent. Saurais-je me réadapter au rythme de travail ? Serais-je au niveau ? Saurais-je m’adapter parmi des élèves bien plus jeunes que moi ? Comment trouver sa place, dans un endroit qui n’est pas censé découler de la suite logique de mon parcours ?

Y arriverai-je …?

Il faut calmer cette angoisse mêlée d’excitation et assumer pour de bon une décision qui a souvent été qualifiée de légère, par son inconstance. Arrêter de tout faire pour et en fonction des autres, de leur regard plutôt. Cette année est plus celle d’un plaisir que d’un véritable projet d’orientation professionnelle, mais elle me semble indispensable pour moi, pour mon bien-être.

Respirer l’odeur des cahiers neufs, marcher sous les premières pluies d’automne, découvrir de nouveaux visages, angoisser… mais rire aussi, beaucoup. J’aime ce parfum de rentrée scolaire qui m’avait tant manqué.. Saisir cet instant, le serrer fort et lui dire adieu… pour de bon ? 

La plus grande certitude, sur l’avenir, c’est que je ne sais pas de quoi il sera fait !

Mood Board

Welcome back… Autumn

« Hier au soir je me promenais seul ; le ciel ressemblait à un ciel d’automne ; un vent froid soufflait par intervalles. A la percée d’un fourré, je m’arrêtai pour regarder le soleil (…)Je n’ai plus rien à apprendre, j’ai marché plus vite qu’un autre, et j’ai fait le tour de la vie. Les heures fuient et m’entraînent ; (…) le navigateur, abandonnant pour jamais un rivage enchanté, écrit son journal à la vue de la terre qui s’éloigne et qui va bientôt disparaître. »

La fuite du temps et l’éternel renouvellement des saisons est, comme nous le prouve ce cher Chateaubriand, un motif littéraire qui a souvent inspiré artistes et poètes. L’automne est une saison que je trouve personnellement des plus inspirantes pour les sensations qu’elle procure.

J’aime, dès les premiers jours de septembre, où tout a une odeur de rentrée des classes, de crayon bien taillé et de cahiers neufs, sentir ce premier vent d’automne instiller chez nous la chair de poule lors de nos dernières balades estivales…

J’aime voir la pluie tomber, l’entendre clapoter contre ma fenêtre, et simplement me lover dans une couverture délicieuse, revigorée par une tasse de thé brûlante et le frisson d’un nouveau livre à dévorer.

L’atmosphère humide et fraîche jette en nous cette envie soudain urgente de chaleur, de feu de cheminée, de crépitements, de choc thermique.

L’automne enfin me rend gourmande. Cette saison a pour moi une odeur de cannelle, et de tendres gâteaux; orgies sucrées et délices parfumés.

C’est toujours une forme de deuil, que de voir s’en aller les heures chaudes et longues de l’été.. mais un renouveau, incarné par les premiers signes d’une saison déjà fanée, fait naître en nous l’excitation de cette nouvelle page à écrire.

Welcome back…

Et le crépuscule du soir, me fit éprouver des passions insatiables, faisant vibrer en moi l’inspiration créatrice.

Procrastination

Toujours remettre au lendemain ce que l’on peut faire aujourd’hui….

Cela fait maintenant plus de 6 mois que ce blog a vu le jour. Mais les aléas, le travail, le manque de motivation aussi ont retardé la progression de celui-ci. Vous savez, lorsque vous avez enfin ce moment de libre que vous avez tant attendu, qu’il vous tend les bras et vous crie « réalises enfin tes projets que tu repousses depuis si longtemps! ». Cette voix change alors rapidement de ton, pour vous rappeler la somme incommensurable de choses que vous devez régler, faire : renvoyer les papiers à la sécu, écrire des lettres de motivation, faire le ménage, les courses, rappeler tatie, passer le permis, boucler l’administratif… bref. Toutes ces petites choses qui s’accumulent forcément dans une vie d’adulte, qui sont toujours là, vous trottent dans la tête en vous faisant culpabiliser d’oser faire autre chose que de régler tout ça. Finalement, la culpabilité prend toujours le dessus.. mais pas dans le sens où vous allez enfin cocher toutes les cases de la to do list. Non! Votre âme de grand flemmard adolescent reprend toujours le dessus, et c’est non pas dans la productivité, mais bien dans l’inactivité la plus totale que vous sombrez…

Bien sûr, vous connaissez certainement ce phénomène, bon nombre de spécialistes ont écrit sur la question. D’ailleurs, la blogueuse Eléonore Bridge a écrit un excellent article sur le sujet, et vous livre quelques solutions pour remédier à cette flemmingite aiguë.

Alors oui, je fais partie de ces nombreuses personnes qui ont besoin d’une « carotte », ou plutôt d’un couteau sous la gorge (comprenez deadline) pour pouvoir être réellement productif. C’est un enfer, surtout lorsque le projet que vous bâtissez depuis des mois dans votre esprit n’arrive pas à voir le jour. Car ce n’est pas le manque de temps, il ne faut jamais se leurrer là dessus, mais bel et bien l’absence de cette chiquenaude sur l’épaule, qui vous fait vous mettre au travail.

Pourquoi partagez cela avec vous ? Car ce me semble être le premier pas vers la « guérison », accepter de reconnaître ce qui ne va pas, pour pouvoir avancer. L’une des solution que préconise Eléonore, est de s’instaurer une routine. (Oui, apparemment la routine a du bon, moi qui y suis allergique, je me demande si cela peut vraiment marcher). J’ai la chance d’avoir quelques mois de libre devant moi, c’est donc le moment ou jamais de me lancer. Mettre un réveil le matin, organiser sa journée en rédigeant un programme, et y inclure les moments de pause. Sortir de chez soi aussi. A la maison, les tentations sont trop nombreuses, à commencer par celle de ne rien faire. Trouver un endroit propice au travail (café, bibliothèque, parc..)

L’une des autres raisons de mon manque de motivation est peut être le manque de soutien et d’encouragement autour de moi. J’ai heureusement quelques personnes dans mon entourage tellement bienveillantes et inspirantes qui me poussent toujours à regarder droit devant moi, sans me soucier des autres, ce que je fais encore trop souvent. Car si je regarde un peu en arrière, c’est dans le secret le plus total (car dans la crainte du regard des autres) que j’ai construit mon premier blog. J’étais seule, et c’est souvent lorsqu’on est seul que l’on se rend compte qu’il ne faut compter que sur soi-même (aide toi, le ciel d’aidera… comme dit l’adage).

Enfin, il y a cette peur… la peur de l’échec. C’est je crois, finalement l’une des clés de ce problème de procrastination. (C’est pourtant l’échec qui nous construit). Dans une société où l’on nous martèle sans cesse qu’il faut être le meilleur, partout, tout le temps, à l’école, au travail, en sport, ce culte de la performance nous fait oublier l’essentiel. Être heureux. Pourtant, en écrivant ces quelques lignes, qui n’apportent absolument rien à mon projet, au contenu « de qualité » que je souhaite pour ce blog, j’ai finalement renoué avec que j’aime le plus faire, écrire tout simplement…

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Book club #2: Les Gens heureux lisent et boivent du café

Parce que chaque livre a son histoire, j’aimerais vous raconter celle de mon exemplaire. Certes, mon livre a moins vécu qu’un livre d’occasion, que j’aurais pu chiner au détour de quelque coin de Paris. Je suis la première main (ou presque) qu’il a vu passer. Mais acquérir un livre neuf, c’est aussi la promesse d’un commencement. Son odeur particulière, celle de l’encre et du papier frais, ses angles  parfaitement acérés, prêts à être cornés, malmenés par l’impatience de la lecture. Puis vient le moment de la transmission. Les pages jaunissent avec le temps, on y retrouve les différents gribouillages ou notes des précédents propriétaires, et le livre devient palimpseste. Il vit, et opère aussi bien des changements physiques, que dans le cœur de ses lecteurs. C’est un passeur de sens, de rêve, d’opinion, un objet de transmission.

  Mon exemplaire du roman Les gens heureux lisent et boivent du café m’a justement été transmis, par une parfaite inconnue. Pascale. M’étant inscrite récemment à un de ces clubs de lecture virtuels qui fleurissent sur le web, j’ai décidé de tenter l’expérience du « swap » de lecture (en anglais « troc », « échange ») qui consiste à envoyer par colis, un choix de lectures qui vous est personnel, à un ou une parfait(e) inconnu(e), quelque part en France ou à l’étranger. En échange, vous recevrez la sélection que votre destinataire aura concocté pour vous.

J’ai donc eu le plaisir de recevoir au mois de décembre, un paquet de la part de cette étrangère avec qui je n’ai eu que quelques échanges via les réseaux sociaux. Il contenait trois livres et quelques attentions… dont celui-ci. Une première transmission.. Peut-être celle d’une longue série. Sur chaque roman, un petit post-it m’expliquant son choix. Première marque, inscription inaugurale de la vie de l’ouvrage. En voici la teneur pour celui des gens..:

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Tout d’abord ce titre: Les Gens heureux lisent et boivent du café; c’est la promesse d’un livre sur le bonheur avec une leçon de vie à la clé. Je fonctionne beaucoup au coup de cœur, et cela peut paraître bateau, mais dans le processus de choisir ma prochaine lecture, j’ai besoin de faire appel à mes sens, en repérant une jolie couverture, un titre plein de promesses… (C’est d’ailleurs la stratégie commerciale de toutes les maisons d’édition). Ce titre m’a donc attirée, me trouvant dans une période un peu morose au moment de ma lecture. Mais quelle ne fut pas ma surprise en démarrant ce livre ! Celui-ci s’ouvre en effet sur une tragédie à vous tirer les larmes dès les premières lignes. Boum, vous voilà mis au parfum. En même temps, ce simple dialogue liminaire, d’un moment de vie capturé, est d’une poésie sans pareille. Pas de chance, ce livre n’est pas une ode au bonheur, mais un livre sur le deuil. Il vous rappellera d’ailleurs sûrement le film PS: I Love you, dont l’histoire relate également le deuil de l’être aimé, et le réapprentissage de l’amour, tout en se situant également en Irlande…! Beaucoup de coïncidences dont on peut rapidement faire abstraction, en se laissant porter par l’autre thème de ce court livre, qui est celui de la solitude. Le deuil et sa solitude, pas de quoi attirer les foules me direz vous, surtout les soirs de déprime.

Pourtant.

Pourtant la lecture de ce roman a été pour moi comme la dégustation d’un sorbet au citron aux prémices de l’été ; courte mais pleine de délices. Je n’ai pas pu lâcher une seule seconde ce livre. Après tout, le deuil est une étape essentielle de la vie par laquelle nous passons tous, et qui nous ramène à notre condition. Cela semble être le processus le plus difficile de l’existence, et en même temps celui qui nous fait grandir, nous rappelle les choses essentielles de la vie, et paradoxalement, nous apprend à vraiment être heureux.

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Je ne vais pas vous faire le synopsis de ce roman déjà bien court, mais pour vous donner l’eau à la bouche, imaginez un café littéraire, justement nommé « Les gens heureux lisent et boivent du café », en plein marais parisien, où les gens pourraient venir et siroter un mug brûlant tout en découvrant les nouveautés littéraires, et en entamer leur lecture. Imaginez ensuite un coin perdu de l’Irlande, une plage désertique abondante de beauté, et un pub local où les gens vous disent « love » et « cheers » tout en vous serrant dans leurs bras..

Au fond ce n’est pas tant le thème du roman qui fait écho à ce titre non-programmatique, mais bel et bien ces instants de vie ou objets du quotidiens qui vous donnent du baume au cœur et vous apprennent à saisir les petites choses de l’existence qui contribuent au bonheur…

Road Trip to England

 

Petit manuel du road trip à l’usage des débutants

RoadtriptoEngland

Pourquoi partir en Angleterre ? C’est la question que tous mes amis me posent. En effet, lorsque nous avons décidé, l’été dernier, de prendre la route en plein mois d’août pour ce pays réputé pluvieux, cette décision a laissé notre entourage assez perplexe. L’été est en effet souvent synonyme de farniente, plage, bronzette etc, ce qui est à peu près le contraire de ce qui définit l’Angleterre. Alors pourquoi ? Eh bien, pour commencer, ce pays m’a toujours attirée : sa culture, allant des cottages, tea time et liberty jusqu’au Beatles et la culture pop / alternative héritée des sixties. On passera bien sûr sur les centaines de films d’époque Régence (Jane Austen etc) que j’ai pu visionner, et qui m’ont fascinée depuis toute petite, alimentant mes rêves de campagne anglaise et de thé servi dans de la porcelaine. Bref. Pourquoi choisir d’y aller au mois d’août ? Pour la météo premièrement. De fait, si le Royaume-Uni est terre de pluie, l’été reste une période plutôt clémente et même très agréable, puisque qu’il pouvait faire certains jours entre 25 et 28 degrés. Enfin, c’est tout simplement l’envie d’aventure, à quelques encablures de la France qui m’a décidée à me lancer vers l’outre Manche… mais pas par n’importe quel moyen : la voiture! C’est en effet un road trip que nous avons voulu entreprendre, notre tout premier (celui du longue série à venir…). Mais gare aux non-initiés !!! Le road trip suppose une bonne préparation en amont, on ne s’improvise pas road tripper; quelques règles sont à respecter, et c’est ce sur quoi j’ai voulu vous écrire… bonne lecture et surtout bonne prep’ de voyage, si tel est votre cas. Enjoy !

Brighton

Tout d’abord, je tiens à préciser qu’un road trip, surtout en pays étranger, suppose une organisation énorme. Alors oui, vous avez bien évidemment la possibilité d’y aller en free style, ne rien prévoir ou réserver, ce qui a l’avantage de vous laisser une libre manœuvre totale, de pouvoir décider au jour le jour de votre programme. Cependant, vous courez aussi le risque de devoir dormir dans votre voiture, de payer plus cher si vous n’avez pas eu vent d’éventuels bons plans, ou même de vous retrouver à la porte d’un musée fermé si le moment où avez prévu de le visiter tombe pile le jour de sa fermeture. Mais l’aventure comporte ses risques, comme des surprises incroyables. J’ai choisi pour ma part d’opter pour la première option, plus sûre, tout en me laissant une certaine marge de manœuvre, ce que permet justement la voiture. Rien qu’au niveau financier, il m’a paru plus économique de pouvoir comparer les différents prix des hébergements ou autre tranquillement chez moi, sur internet, plutôt que de prendre le risque de devoir tomber dans un endroit moins bien et plus cher.

New Forest

Voici les quelques étapes importantes dans l’organisation de votre voyage / road trip: (ces indications sont spécifiques à l’Angleterre mais peuvent dans certains cas être appliquées pour d’autres pays).

  1. Tracer une route

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En ce qui me concerne, j’ai commencé à organiser mon voyage environ 4 mois à l’avance. Ce délai était indispensable, sachant que je prévoyais d’effectuer mon road trip au mois d’août, donc en pleine période d’affluence estivale. En temps normal, il me semble raisonnable de commencer l’organisation environ 2 mois avant le départ.                                La toute première chose à faire et celle qui semble la plus évidente, est de vous demander où est-ce que vous avez envie d’aller. A partir de là, il sera temps de repérer les spots que vous voudrez absolument voir, voir si cela est faisable dans le temps que vous vous êtes fixé (le nôtre durait deux semaines). De là, vous pourrez commencer à tracer votre route, sur laquelle vous pourrez ensuite ajouter des points de visite auxquels vous n’aurez pas pensé auparavant, ou moins indispensables que d’autres mais à faire puisqu’ils sont sur la route. Bien entendu, au fur et à mesure vous voudrez modifier votre route, décider de passer plus de temps dans une ville et moins dans une autre. C’est pour cette raison que je vous conseille de prévoir au moins 48h par ville, pour pouvoir choisir de rester plus longtemps sur le moment ou bien d’écourter votre séjour (ce qui nous est arrivé). Il faut faire des choix: vous ne pourrez pas en une semaine aller visiter les Cornouailles et flirter avec les hauteurs de l’Ecosse.

Bath

2. Franchir les frontières : la Manche (une sacrée paire!)

Bateau, Eurotunnel ou avion ? En prenant l’avion vous avez la possibilité de louer une voiture sur place qui aura l’avantage d’avoir les commandes à droite (plus facile pour conduire sur la gauche de la route). Mais si vous possédez votre propre voiture, je vous enjoins à vous y rendre avec la vôtre, ça sera ça de frais de location en moins. Le bateau met selon les ports de départ et d’arrivée environ 2 heures. Le côté négatif : devoir arriver très tôt aux frontières (car les contrôles aux douanes se sont récemment renforcés suite aux attentats), attendre, faire la queue. Si vous avez le mal de mer, je vous le déconseille en cas de mauvais temps. L’arrivée se fait en général à Douvres. C’est le mode de transport que nous avons choisi, n’ayant pas eu connaissance de l’Eurotunnel alors et ayant bénéficié d’un tarif très avantageux (environ 200€ aller/retour pour nous deux et la voiture).

L’Eurotunnel aussi peut être une solution à bas prix, si l’on s’y prend suffisamment à l’avance. Je ne saurais vous en parler, ne l’ayant jamais pris, mais c’est le même principe que l’Eurostar (tunnel sous la manche), la voiture en plus. La traversée de Calais à Folkestone dure 35 minutes. A refaire, je pense que j’opterai pour ce moyen de transport plus rapide.

Oxford & Highclere Castle

Ce qui m’amène à la chose la plus importante de votre voyage, qui sera la clé de la réussite de votre road trip : la voiture et comment circuler en Angleterre.

3. Aspects pratiques

  • L’hébergement: Il existe de nombreux modes d’hébergements et il y en a pour tous les budgets. Le plus abordable et le plus roots (on est dans un roadtrip après tout), le coach surfinggratuit, suivi de près par les auberges de jeunesses (youth hostel en anglais), qui auront le mérite de vous faire rencontrer du monde. (En ce qui concerne le camping, je ne me suis pas renseignée là dessus, mais il me semble que l’on peut l’envisager comme une possibilité). Le fameux Airbnb fait suite niveau budget, car louer une chambre directement chez un particulier peut vous faire faire de belles économies, ainsi qu’ayant l’avantage de rencontrer des locaux et dormir dans une maison à la décoration typique et personnalisée. C’est le mode d’hébergement que nous avons le plus utilisé et nous n’avons eu que des expériences positives ! (faire en sorte de contacter l’hôte airbnb 48h avant votre arriver afin de lui préciser votre heure d’arrivée et modalités). Enfin il existe des Bed & Breakfasts ainsi que des hôtels qui sont peut être les modes les plus chers mais aussi les plus confortables. Quelques sites de réservation: tripadvisor, hotels.com, airbnb.com, booking.com…
  • Se garer / circuler en voiture : La première règle à suivre, qui peut paraître absurde mais il s’agit de s’en rappeler : rouler à gauche !! En effet, les Britons aimant tout faire différemment, ils ont même trouvé le moyen de ne pas circuler du même côté que nous! * Pour ce faire, pensez à vous procurer des autocollants pour vos feux, afin de ne pas éblouir les usagers avec vos réglages européens. En Angleterre l’autoroute est gratuite, cependant, il se peut qu’il y ait certains péages, notamment aux alentours des ponts et des tunnels (faites attention, le paiement de ceux-ci peut se faire via internet et ne pas être visible sur la route, ne vous faites pas avoir!). Dernière précision, les parkings. Oui, il est tout bonnement impossible de se garer en ville en Angleterre, l’usage des parkings est donc quasi systématique. Ceux-ci sont payants et souvent très chers (prévoyez un bon budget parking, croyez moi!). Il existe cependant quelques alternatives comme  l’application Just Park, qui permet de louer le garage d’un particulier pour un prix raisonnable. Sinon, demandez tout simplement à un local de vous indiquez si il existe des places de stationnements gratuites (celles-ci seront sûrement excentrées, mais le réseau de transports anglais est souvent très développé dans les grandes villes). Enfin, si comme nous, vous avez de la chance, vous tomberez sur un adorable anglais qui vous donnera généreusement son ticket de stationnement dont il n’a plus besoin (so lovely ces british !). 

*En réalité, ce sont bien nous qui avons inversé le côté de circulation. En effet, au Moyen-Âge, les chevaliers étaient très souvent droitiers, et portaient donc leur épée à gauche pour pouvoir la sortir aisément en cas d’attaque. De fait, pour que les épées ne se touchent pas, on circulait à gauche avec son cheval, comme c’est aujourd’hui le cas en Angleterre. Napoléon décide de changer cela, élaborant une stratégie d’attaque par la gauche afin de surprendre l’ennemi, et impose donc la circulation à droite dans tout l’Empire qui s’étend aujourd’hui sur l’Europe actuelle. 

  • Se nourrir : J’ai repéré pas mal de petites adresses en lisant beaucoup de blogs, et les ai listées en les répertoriant sur Google Maps à l’aide d’une petite étoile (très pratique !!). Le Royaume-Uni n’est pas réputé pour sa gastronomie (sorry but true..), exceptés les petits-déjeuners, breakfasts fameux en Angleterre et quelques exceptions comme le cheddar, les pies (ces fameuses tourtes) et autre, (en général pas très light). Il existe cependant un nombre incalculable de restaurants de toutes les nationalités (beaucoup d’italiens, grecs, français, et surtout indiens) qui jonchent les rues d’Angleterre et vous offriront une alternative des plus convenables. Autre chose, contrairement à la France où la culture du pourboire n’est pas encore quelque chose d’automatique, vous seriez certainement regardé de travers à ne pas laisser de tips (gratuity) au uk. Il se peut d’ailleurs que le service ne soit pas inclu dans la note au restaurant. Pas de monnaie? Don’t worry, vous pouvez désormais souvent ajouter le pourboire directement sur la machine à carte bleue.
  • La monnaie : La livre sterling (décidément ces anglais ne font rien comme nous !). Comparez les taux de change en euro, mais en ce moment la livre est au plus bas des suites du Brexit, foncez !
  • Se cultiver, visiter . Pour les musées, veillez à bien vérifier les jours de fermeture et ne pas vous plomber le programme de votre road trip (d’où l’intérêt de prévoir au moins 2 jours autour d’un même endroit, afin de vous laisser une marge de manœuvre en cas d’imprévu). Consultez le Réseau du patrimoine national (National Trust), qui propose un abonnement annuel relativement abordable et vous permettra d’accéder à de nombreux sites librement en Angleterre. Un conseil: sortez des sentiers battus ! Demandez conseil aux locaux !!! (d’où l’avantage d’être hébergé chez l’habitant.)
  • La langue : Ces chers Brits ne parlent qu’anglais, n’essayez même pas autre chose, ils sont très mauvais en LV2, leur idiome maternel leur permettant d’être compris partout dans le monde…

Cambridge

En bref :

  • La meilleure période pour y aller : Incontestablement l’été, malgré l’affluence de touristes (qui n’est rien comparée à la Côte d’Azur). Nous avons eu au mois d’août quinze jours de temps radieux, imbattable pour un pays où il est réputé pleuvoir toute l’année…!
  • Le budget : Tout dépend la durée de votre voyage et le mode d’hébergement que vous choisirez. L’Angleterre est un pays très cher, même si les suites du Brexit a fait considérablement baisser le cours de la livre sterling.
  • Durée : Quinze jours me parait être une durée idéale, même si nous n’avons pas eu le temps de tout voir, nous avons pu vraiment en profiter. Une semaine à dix jours peuvent suffire pour un road trip, à condition de voir à la baisse le nombre de régions à explorer.
  • Transports : Si la voiture est à mon sens une vraie liberté, elle a aussi un coût (comme nous l’avons vu essentiellement à cause du parking, mais aussi de l’essence et de certains péages). Vous pourrez tout aussi bien entamer un road trip avec vos petites jambes, en prenant l’Eurostar (qui possède plusieurs arrêts avant Londres, le saviez vous ?), jusque dans le Kent par exemple et commencer votre voyage en car, ou même en train.

Londres

Les applis utiles :

  • Roadtrippers (encore concentré sur les Etats-Unis) pour préparer en amont votre road trip et avoir votre parcours détaillé en main, à n’importe quel moment.
  • Just Park : Une appli très pratique pour trouver une place de voiture chez des particuliers, les parkings d’outre manche étant hors de prix, surtout à Londres.
  • Paybyphone : Aujourd’hui importée en France, elle permet de payer le stationnement dans la rue depuis son téléphone. Très pratique quand on sait qu’une contravention (fine en anglais) coûte 50 pounds (c’est du vécu..!).
  • Google Maps : Pour répertorier les bonnes adresses et choses à voir sur votre carte.

Les guides que j’ai utilisé (Routard, National Geo, Lonely Planet), la bonne vieille carte IGN ou le Tomtom Europe.

Attention ! Si vous ne possédez pas de forfait internet 4G international, veillez à bien éteindre vos données cellulaires en arrivant dans le pays, le hors forfait coûte très cher ! Le point positif réside dans le fait que la Wi-Fi est partout en Angleterre, même dans les bus et cabines téléphoniques.

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Si l’Angleterre était….

  • Un film : Sing Street, Good morning England, Pride, This is England (Impossible de décider !)
  • Une musique : « Something About England » des Clash
  • Une série : Downton Abbey…. Definitely !
  • Un livre : Une pièce de Shakespeare, un roman de Thomas Hardy ou Jane Austen, un poème de John Keats.

Bonus Le kit du roatripper : une radio, des romans audio et CD pour la voiture, une glacière, de l’eau (beaucoup!), un GPS (ou une carte…), un plaid, une paire de solaires (parce que c’est beaucoup trop la classe portées au volant.)

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So… Let’s hit the road ?!

Book club #1: The Girl on the train

 

Trois femmes, trois vies.

Le thème de ce livre au fond, est un peu celui de l’idéalisation. Une vie, un quotidien, observé derrière la fenêtre d’un train. Une parcelle de vie, just a « glance », comme diraient les britons. Rachel, la protagoniste du livre s’imagine que cette femme qu’elle observe chaque jours dans sa maison a la vie rêvée. Elle est sublime, (l’idéalisation passe avant tout par le paraître), son mari, lui aussi beau comme un dieu est fou d’elle. Sa vie est sûrement trépidante, remplie d’aventures et d’amour. Elle doit être artiste, c’est sûr, pratiquer au moins trois sports différents et chaque jour emploie son temps à sauver le monde. Mais bien évidemment, cette vie est un leurre, une illusion, une image. Elle n’existe pas. Cette illusion est certainement renforcée par l’alcoolisme et la dépression de Rachel qui a tout perdu: sa maison, son job, son mari, ses amis. Alors à côté de sa vie à elle, les autres lui paraissent nécessairement idéales.

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La topique de ce roman est à mon sens formidable, car il traite d’un sujet très actuel. Cette fenêtre du train, par laquelle les voyageurs peuvent observer les gens chez eux, un peu comme on épierait son voisin d’en face, on pourrait la voir comme une métaphore des réseaux sociaux. Cette fenêtre est aussi celle de notre téléphone, notre écran, par lequel nous pouvons « épier » la vie de nos voisins, ou de parfaits inconnus et par laquelle nous idéalisons leur vie a travers ce coup d’oeil jeté sur ce qui n’est qu’un snap shot, une seconde d’une journée, une image parfaite choisie par son auteur. Ce dernier ne laisse voir que ce qu’il veut laisser paraitre, un peu comme celui qui se penche à son balcon pour se laisser regarder. Mais cette vie qu’on idéalise n’est pas vraie, elle n’est pas la réalité, et lorsqu’on a pas suffisamment de recul, à l’instar de Rachel, ou lorsqu’on est simplement fragile, cette image peut nous faire du mal, très mal.

L’autre thème de ce roman, qui fait directement écho au premier, est justement celui de la langueur, du quotidien, de l’ennui. Cette routine inlassable qui s’installe inéluctablement dans nos vies et qui semble être un mal incurable. C’est cette réalité qui se cache derrière ces images de perfection. Cette mère au foyer qui semble si épanouie dans sa vie de maman, est en réalité seule, très seule. Toute la beauté de ce roman réside peut-être dans cette poétique de la solitude, cette complainte de l’ennui qui semble inexorable et dans lequel on se surprend à s’identifier.

Ce best-seller de Paula Hawkins paru début 2015 a connu un large succès en France. J’ai pour ma part lu la version anglaise, je ne pourrais donc pas vous parler de la qualité de sa traduction. Question style, on a vu mieux, il est clair et concis. Pas de chichis, pas extraordinaire non plus. Les ingrédients essentiels sont là, malgré quelques longueurs, pour faire un bon thriller, et nous tenir en haleine  jusqu’au bout pour découvrir l’identité de l’assassin….

Le succès fut tel que le roman a été adapté au cinéma, la même année que sa parution, avec un casting très hollywoodien. On retrouve ainsi l’excellente et surprenante Emily Blunt dans le rôle de Rachel (que l’on a pu croiser dans Le Diable s’habille en Prada) qui endosse à merveille ce rôle difficile à interpréter. En apprenant sa sortie sur écran, je me suis donc empressée d’aller le voir, venant tout juste de refermer le livre. Grave erreur… Le souvenir du livre que j’avais beaucoup apprécié étant trop présent, trop frais dans ma mémoire, je n’ai pu voir que les différences, raccourcis et libertés pris avec le livre. Le casting n’est pas toujours au top, avec un Luke Evans (Tamara Drew, le Hobbit) et une Laura Prepon (Orange is the new black) décevants, bien que les rôles principaux soient joliment incarnés. La différence qui m’a le plus surprise fut celle du lieu. En effet, le roman situe son intrigue en Angleterre, tandis que l’adaptation cinématographique prend place aux Etats-Unis aux abords de l’Hudson. Les maisons sont trop grandes, pas assez réalistes. Bref, mon conseil, lisez le livre APRES être allé voir le film (c’est en général le meilleur ordre), au risque d’être déçu, comme je l’ai été. En conclusion, allez voir La fille du train, ne serait-ce que pour la performance admirable d’Emily Blunt.

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Documenting Life.

Pourquoi écrire un blog ? Filmer une vidéo et la poster sur youtube ? En d’autres termes, pourquoi documenter sa vie (chose que nous faisons tous en capturant un cliché), et la livrer en un clique aux yeux (potentiels) du monde entier ? Telle est la question…

Tout d’abord, il me semble que lorsque l’on « poste », la dimension world wild n’est pas vraiment présente. En l’occurrence, au moment même où j’écris, je le fais avant tout pour moi, comme une sorte d’auto-thérapie. Mais pourquoi ne pas rédiger un journal intime, que je garderais pour moi, me direz-vous. Pour une raison simple: le partage. Le but n’est pas de devenir une super star, ou de gagner de l’argent (du moins pas pour tout le monde). Lorsque quelqu’un écrit en dessous de votre article qu’il a déjà expérimenté la même chose que vous, qu’il traverse les mêmes problèmes ou les mêmes questionnements, et quelle solution celui-ci a pu trouver, cela procure un sentiment indescriptible. Et le fait que ce partage soit anonyme permet à mon sens une forme de liberté, un espace sûr dans lequel on peut dire sans être jugé. Bien sûr, il y a aussi l’effet inverse. Les commentaires ne sont pas tous remplis de tendresse. Cet anonymat que permet internet laisse aussi la porte ouverte aux injures et commentaires haineux. Je pense qu’il faut relativiser tout ça. C’est en général de la pure jalousie. Après tout, ces gens là ne vous connaissent pas, ne connaissent pas votre vie, votre vie réelle. Car oui, ce que l’on poste, ce que l’on documente est, à l’image d’une autobiographie, forcément biaisée. On ne rend pas compte de qui l’on est à 100%, on améliore les traits de personnalité, on occulte les petits défauts, les choses tristes ou banales. Dans un vlog (vidéo sur son quotidien), on ne peut voir que 10% de la journée du youtuber en question. Cela nous laisse souvent l’impression que sa vie est renversante, jonchée d’activités et de bouleversements, ou bien pour certaines instagrameuses, que leur vie est tout simplement parfaite. Il existe aujourd’hui assez d’articles qui dénonce cela et vous montrera que ce n’est absolument pas vrai. Tout n’est qu’illusion, mais encore une fois, c’est précisément l’intérêt de ce blog. Donner à voir de l’illusion car c’est de cela qu’est fait le rêve…

Voilà, finalement ce blog a pour moi la vocation d’un grand partage. J’ai envie de partager ici les choses que j’aime, mes envies, mes rêves.. Peut-être aussi partager avec vous certains petits tracas, sans en faire ni un bureau des pleurs, ni un confessionnal. Je souhaite que cela reste simple et que vous me racontiez vous aussi vos propres expériences.

Cela étant dit, laissez moi vous raconter mon coup de coeur de la journée. Ce matin, je me suis levée en trombe pour aller voir le documentaire sur Benjamin Millepied (étant maintenant munie de la carte UGC illimité, je peux et dois aller voir des films à gogo, quel bonheur!). Ce film donc, La Relève, histoire d’une création, était un vrai coup de cœur. Une réalisation au top avec un montage donnant des palpitations et une musique me rappelant beaucoup les films très énergiques de Valérie Donzelli. Un vrai bonheur de voir l’arrivée de ce prodige mettre un coup de jeune dans cet Opéra poussiéreux, ancré dans des principes désuets tels que l’unité de blancheur de peau dans un corps de ballet. Un régal de voir la gestation d’une oeuvre, jusqu’à sa naissance lors de sa représentation devant un public. Prendre conscience de l’immense travail en amont pour produire une poussière d’étoile d’à peine trente minutes. Allez le voir, amateur de danse ou non, ce docu/film vous rebooste pour la journée et vous donne envie vous bouger et d’être productif.

Je vous laisse sur ces mots, m’en allant regarder le dernier épisode de l’excellente série Easy, dont je vous reparlerai prochainement.

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